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Hôtels et littérature : quatre murs pour libérer l’inspiration.

Lire est un plaisir solitaire, écrire, une souffrance solitaire. La littérature, deux faces d’une même médaille. Et pour abriter cette solitude créatrice, les écrivains se réfugient parfois dans les hôtels.

« Au pouvoir isolant illimité  » (Valéry Larbaud) ou « cellule monastique du laïque » (Gabriel Matzneff), la chambre d’hôtel se fait écrin de l’aliénation de l’auteur à son sujet, tout en le libérant des tâches quotidiennes et surtout du monde extérieur.

Voici une sélection très personnelle de quelques écrivains célèbres, morts et immortels, qui ont essayé de soulager leur angoisse de la page blanche dans l’univers rassurant et serviable de superbes cocons étoilés.

bar du Ritz, Paris

bar du Ritz, Paris

« Paris est une fête »
Les écrivains étrangers aiment  Paris… qui leur rend bien. Dans « Paris est une fête », Hemingway raconte sa vie de bohème dans le Paris des années 20. Il trouve l’inspiration dans les hôtels miteux, les chambres insalubres, où le confort est une vue de l’esprit, période de vaches maigres oblige. La montée en gamme viendra bien plus tard avec le Ritz. On aime croire à la légende d’un palace libéré par Hemingway le 25 août 1944, en souvenir d’une certaine chambre 612 où il emmenait jadis sa maîtresse Mary Welsh. L’histoire du Ritz avec les écrivains est longue comme une phrase de Proust : l’auteur d' »A la recherche du temps perdu », Colette, Paul Morand, F. S. Fiztgerald, et J. D. Salinger y avaient leurs habitudes. Le Ritz est fermé jusqu’au second semestre 2015 pour une complète rénovation.

Lutetia, Paris

Lutetia, Paris

Passons la Seine pour se retrouver au Lutetia. Depuis son ouverture en 1910, le palace de la rive gauche vit une idylle avec la littérature. Fermée en avril 2014 pour trois années de rénovation, cette adresse mythique a accueilli bon nombre d’auteurs (Albert Cohen, J. P. Sartre, Michel Foucault) avant de devenir l’ancrage de plusieurs prix littéraires, dont le fameux Médicis.

Hôtel Pont Royal, Paris

Hôtel Pont Royal, Paris

Restons à Saint-Germain-des-près, quartier historique des grandes maisons d’édition…qui désertent aujourd’hui ce vaste musée à ciel ouvert, envahi de touristes et devenu trop cher. Les hôtels surfent toujours sur la réputation du Paris artistique et littéraire,  comme le Pont Royal, 5 étoiles romantique à l’élégance littéraire (concept intello sinon obscur), qui vit défiler en leur temps Hemingway et Fitzgerald, encore eux, Jacques Prévert, Boris Vian, Romain Gary, et Garcia Marquez.

L'Hôtel, Paris, suite où logea Oscar Wilde

L’Hôtel, Paris, suite où logea Oscar Wilde

Sobrement nommé L’Hôtel (ex-Hôtel d’Alsace avant sa réouverture en 2000), cette institution parisienne fut la dernière demeure d’Oscar Wilde. Le dandy décadent en fit sa résidence lors de son exil volontaire à Paris ; il y expira le 30 novembre 1900, avec, sur les lèvres, ce bon mot, « je meurs au-dessus de mes moyens ». L’hôtel ne lui tint pas rigueur de la coquette note de frais, puisqu’il remet, depuis 2000, le Prix Oscar Wilde. La chambre 13, d’inspiration très british, lui est dédiée. Autres écrivains illustres habitués des alcôves de l’Hôtel, Jorges Luis Borges et Pierre Loti.

L'Hôtel, Paris, suite où logea Pierre Loti

L’Hôtel, Paris, suite où logea Pierre Loti

Hôtel des Ecrivains, Paris

Hôtel des Ecrivains, Paris

Hôtel des Ecrivains, Paris

Hôtel des Ecrivains, Paris

Plus opportuniste, l’Hôtel des Ecrivains fonde toute son image sur celle du Quartier Latin, bien que situé dans le 13ème. Ses chambres dépouillées ont sans doute pour vertu d’éloigner de toute tentation extérieure le futur auteur qui viendrait s’isoler!

 

Sofitel Old Cataract, Assouan, Egypte

Sofitel Old Cataract, Assouan, Egypte

A l’encre des nuits d’une chambre d’hôtel
Le luxe aurait-il un pouvoir inspirant ? Si l’acte créateur n’est que souffrance, autant lui épargner les contingences du quotidien. L’Old Cataract d’Assouan (Egypte) est mythique comme l’écrivain qu’il reçut en 1933, la facétieuse Agatha Christie. Elle trouvait l’endroit propice à l’exaspérer et la rendre suffisamment méchante pour donner matière à son roman « Mort sur le Nil ».

Sofitel Old Cataract, Assouan, Egypte

Sofitel Old Cataract, Assouan, Egypte

Mandarin oriental, Bangkok, suite dans l'Aile des Ecrivains

Mandarin oriental, Bangkok, suite dans l’Aile des Ecrivains

Des plumes de légende, le Madarin Oriental de Bangkok en vit passer. Dans son « aile des écrivains », le palace centenaire entretient la nostalgie d’un décor colonial qui inspira autrefois Joseph Conrad pour son « Lord Jim » et plus récemment John Le Carré pour clore son roman d’espionnage « Comme un collégien ». Ce dernier est l’exception de cette équipe de défunts, son encre coule toujours.

Hotel Cadogan, Londres, chambre 118

Hotel Cadogan, Londres, chambre 118…prochainement rénovée

Retour et fin avec Oscar Wilde qui fut arrêté au Cadogan Hotel (Sloane Street, Londres) sous l’accusation d’actes d’indécence. L’hôtel qui rouvrira durant l’été 2016 après une complète rénovation continuera sans doute à perpétuer le souvenir de l' »infâme écrivain » et à réserver aux chanceux visiteurs de la suite 118 quelques unes de ses lubies : une bouteille de Perrier-Jouët et une génoise Victoria… pour mettre à l’épreuve une de ses citations, « le seul moyen de se délivrer d’une tentation, c’est d’y céder ».

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